Pablo Andrés Rial

Quatre poèmes de “Forzado a viajar” (Paserios Ediciones) de Pablo Andrés Rial.

 
**i**
Tu es morte
regardant par la fenêtre,
je suis assis
derrière toi.
Dehors,
on peut voir le même arbre que toujours
—un saule—
un ami tombe amoureux de toi.
Ta chaise est maintenant vide,
mais toi, tu es toujours là, morte,
regardant par la fenêtre
où il n’y a désormais
qu’une cour en béton.
 
**II**
Je déteste mon corps,
mais j’aime mon ombre.
Elle ne vieillit jamais,
ne tombe jamais malade,
ne souffre jamais.
 
**III**
Je me sens angoissé, Augusto,
à cause de ces choses, tu sais?
Les gens te piquent la peau
tout en préparant quelque chose de bon
et toi, tu mets la table.
Dis-moi, Augusto,
qu’est-ce que tu cuisines?
 
**IV**
Peut-être que pleurer un peu
est bien,
pendant que je chauffe l’eau
pour un maté
et que j’écoute un avion passer.
J’ai toujours
préféré les couchers de soleil
aux levers de soleil.
Ils sont tout aussi imposants,
mais j’ai cette manie
de mieux savoir contempler
les adieux.



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